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27.05.2008
L'Autriche prend le pari
A quelques jours du début de l'Euro qu'elle co-organise avec son voisin suisse, l'Autriche est loin, très loin d'être donnée gagnante. Et pour cause, au vu des nations attendues, beaucoup de supporters, la majorité en fait, ne donnent pas cher de leur peau en ce qui concerne leur pays. Ce qui ne l'empêche pas de s'y préparer sérieusement. Et bien qu'il ait été prouvé plus d'une fois qu'une "petite" équipe pouvait réaliser des miracles, une question se pose cependant: L'Autriche peut-elle faire un bon Euro?
A priori...
La réponse n'est pas si évidente. A priori oui. Mais la pression est là. A vrai-dire, mis à part la Belgique en 2000, jamais un pays organisateur d'un championnat d'Europe ne s'est fait éliminer avant les demies. Par conséquent, l'Autriche devrait emboîter le pas à ses prédécesseurs, même si la donne est un peu différente puisqu'elle partage se réception avec la Suisse. En tant que pays organisateur, elle possède des avantages indéniables. L'avantage du domicile pour commencer. Quatre stades (dont l'Ernst Happel à Vienne, qui accueillera la finale) qu'elle connaît bien, la plupart de ses joueurs étant issus des championnats locaux. Un terrain conquis donc, ajouté à un public censé l'encourager. L'histoire l'a déjà prouvé à maintes reprises, le pays qui reçoit semble en général capable de tous les exploits. L'Autriche croit en ses chances et se prépare intensément en vue du jour J. Mais cela sera-t-il suffisant pour espérer ne serait-ce que sortir de sa poule, composée de l'Allemagne, la Croatie qui a quand même éliminé l'Angleterre, et de la Pologne?
Un défaitisme partagé
Difficile d'être optimiste malgré toute la bonne volonté quant au sort qui attend l'Autriche. Un défaitisme partagé par la population elle-même qui, en septembre dernier, avait lancé une pétition pour demander le retrait de la Wunderteam (l'équipe merveilleuse) pour cause "insuffisance de niveau". « Si on survit à notre poule, ce sera un grand succès», avait même déclaré Hans Krankl, sélectionneur de 2002 à 2005 et ambassadeur de l'Euro 2008 pour l'Autriche. Car la sélection de Josef Hickersberger ne part pas du tout dans les favoris de la compétition pour de nombreuses raisons. D'abord la plupart de ses joueurs sont loin d'être de niveau véritablement international, résidant en général dans le championnat national, à l'exception d'une minorité (quatre) qui évolue à l'étranger. Certes cela pourrait favoriser une cohésion interne, à la condition que le niveau s'élève et suive. Le problème est qu'avec cette majorité "amateur", l'équipe manque de repère, de joueur doté d'un charisme incontestable qui en ferait le leader par essence. Le capitaine, Andreas Ivanschitz, milieu offensif du Panathinaïko et considéré comme étant le seul joueur autrichien de niveau international semble être celui qu'il faut mais a tout de même du mal a porter seul ce poids. Les prestations en clubs ne sont guère plus réjouissantes au vu des derniers résultats européens (l'Austria Vienne a terminé dernière de son groupe H en Uefa). Une tangente qui classe l'Autriche au 88ème rang FIFA, derrière des nations telles que l'Arménie, la Géorgie ou l'Albanie. De quoi décourager les partisans de la sélection qui n'attendent, à vrai-dire rien de moins qu'une élimination dès le premier tour.
La nostalgie d'une gloire passée
La formation autrichienne n'a donc pas vraiment la côte auprès des bookmakers et des amateurs du ballon rond. Son voisin suisse risque également de lutter pour se sortir de son groupe, composé du Portugal, la République Tchèque et de la Turquie. Une élimination simultanée serait une grande première puisque, en 2000, si la Belgique s'était fait éliminer dès le premier tour, les Pays-Bas eux, s'étaient inclinés en demi-finale face à l'Italie (Tab). Un sort qui permettrait alors aux Autrichiens, si les Suisses venaient à se faire éliminer rapidement, de poursuivre la bonne marche de leur compétition. Bis repetita? Une chose est sûre, cet euro sera l'occasion inavouée de reconquérir quelques heures de gloires autrefois siennes, à l'heure où le Rapid de Vienne disputait sa finale de Coupe des coupe (1996) par exemple. Un beau parcours, c'est ce qu'il faudra à la Wunderteam pour mériter réellement son nom.
16:05 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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