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29.05.2008
Euro 2008 : Trois grands absents
Les derniers jours précédant l’euro sont source de tension et de nervosité, quoi qu’on en dise, pour le sélectionneur comme pour les joueurs postulants. Encore plus l’est cette attente de la fameuse liste rouge, cette liste de VIP qui ne décolle plus de l’esprit des joueurs, et dont le « couchage du nom » sur papier dépend de leur prestation individuelle en club. Seulement, cette phase a son lot de surprises ou de désillusions selon les points de vue. Et cet Euro 2008 n’échappe pas à la règle, avec des joueurs que l’on attendait, mais que l’on ne verra finalement pas. Des grands absents qui priveront leur équipe de leurs services, habitués pourtant de cette grande compétition. Dans une liste assez large, en voici trois indiscutables.
Raul, matador déchu
Le capitaine du Real Madrid sera un des grands absents de la compétition européenne. Raul, qui n’avait plus été appelé en sélection depuis septembre 2006, sortait pourtant d’une excellente saison. Auteur de dix-huit buts avec les Merengue, l’attaquant a suivi le renouveau de son club, et a renaît en même temps, retrouvant une efficacité devant les buts qu’il n’avait plus depuis longtemps. Pas suffisant pour convaincre Luis Aragones, qui se prive ainsi des services du meilleur buteur de tous les temps en équipe d'Espagne (44 buts en 102 rencontres internationales). Le technicien, avait affirmé qu’il ne comptait plus sélectionner le Madrilène. Une mise à l’écart, conséquence de tensions qui auraient surgi pendant le Mondial. A bientôt 31 ans (qu’il aura en juin), le prodige du Real, peut cependant encore espérer une dernière coupe du monde puisque Luis Aragones a annoncé qu’il démissionnerait de son poste après l’Euro.
Seedorf, question de confiance
Seedorf, c’est un monstre sacré du football néerlandais (87 sélections avec les Pays-Bas) et mondial Un palmarès impressionant, conséquence d’une carrière riche en trophée et couronnement, sur la scène nationale comme européenne, du moins en club. Une aisance, une puissance de frappe hallucinante qui donne des buts de folie. Souvenez-vous de ce missile balancé des 50 mètres, alors qu’il jouait au Real Madrid, et qui ira se loger sous la lucarne ! Par ailleurs, il demeure à ce jour le seul joueur à avoir remporté la Ligue des champions avec trois clubs différents. Ecarté lors du Mondial 2006, à la surprise générale, le milieu du Milan AC avait ensuite été rappelé pour la campagne éliminatoire de l’euro 2008. Mais, nouvelle surprise il y a quelques jours, le joueur ne montera pas non plus dans le train final. Cette fois, c’est lui qui préfère renoncer, la raison résidant peut-être dans une fierté et une solidarité envers ses compatriotes, Van Nistelroy et Van Bommel, qui avaient refusé la sélection depuis leur mise à l’écart du Mondial allemand, ainsi que le manque de confiance de son sélectionneur envers lui, selon ses propres dires :«Il ne veut pas de moi, c'est clair». Une phrase qui a le mérite d'être clair.
Trézéguet, l'oublié des Bleus
A vrai-dire, il s’agit seulement d’une demi-surprise, voire pas du tout. Très peu seulement devaient s’attendre à la participation de Trezegol, dont l’avenir en bleu n’était plus si net depuis le Mondial 2006. Car l’attaquant de la Juventus de Turin, toujours aussi goleador dans son club, a pourtant complètement perdu son efficacité devant les buts en sélection. Un temps à égalité avec Henry, avec lequel il a débuté sous les couleurs tricolores, il s’est peu à peu laissé distancer (44 buts pour Henry, 34 buts pour Trézéguet). L’Argentin d’origine, passe généralement à côté de tous ses matches en bleu depuis, peut-être ce penalty manqué en finale face à l’Italie, et dont il semble ne jamais s’être remis. Alors peu à peu, l’émergence de nouveaux talents comme Benzéma, et le retour de « fils prodigue » Nicolas Anelka, ont poussé le « roi David » de l’euro 2000, vers la sortie, et ce, malgré une très bonne saison réalisée avec vingt buts marquées avec la Vieille Dame. Une mise à l’écart, synonyme d’une fin de carrière internationale prématurée ? On voit mal comment le Français pourrait revenir en sélection, surtout avec une nouvelle révélation, celui qui a poussé Djibril Cissé dans le wagon des exclus de l'euro, Bafétimbi Gomis.
Des joueurs vedettes dans leur club, indiscutables qui pour des raisons diverses seront absents de cette compétition. Il y en a d’autres bien sûr, mais ceux-là m’ont paru comme étant les plus importants et les plus marquants. Volontairement ou non, ils sont condamnés à regarder. Des joueurs dont l’émotion, même à travers la télévision, sera aussi intense que sur le terrain. Car leurs cœurs battront tous à l’unisson, dès le 7 juin.
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