29.04.2008

Un Sagna pour un Sagnol ?

A l’approche de l’Euro, et de la liste des joueurs sélectionnés, certaines hypothèses se confirment tandis que d’autres amènent à réfléchir. Si certains cadres de l’équipe ne font aucun doute quant à leur titularisation le jour venu, la lutte s’annonce plus serrée pour d’autres. Notamment Willy Sagnol qui pourrait se voir détrôner par le jeune loup, Bakary Sagna.

Des blessures à répétition

00ad1443bb00434c161ee027068cd739.jpgLe titulaire actuel des Bleus a prouvé qu'il était l'homme de la situation depuis maintenant bien longtemps. Indispensable dans son couloir, en sélection comme en club, Willy a connu un véritable enfer cette saison avec le Bayern Munich. De blessure en blessure, l’ancien stéphanois s’est tenu éloigné des terrains plus de dix mois, depuis avril 2007. Autant dire que le défenseur bavarois n’a pas joué de la saison. Et du temps de jeu, c’est bien la priorité de tout joueur prétendant à une place de titulaire en sélection. Ce dont bénéficie Ribéry, dont la popularité a gagné tous le pays. Pendant que le bonheur sourit à son compatriote, c’est le malheur qui tend la main à l’arrière droit. L’abnégation de Willy fait peine à voir, car le Munichois ne se laisse pas abattre. Il en a connu d’autres, la maturité le pousse à ne pas abandonner. Et puis comment laisser tomber alors que sa dernière compétition en bleu s’approche ? S’accrocher, encore et toujours, pour ne pas se faire évincer. D’autant plus qu’il y a un petit jeune qui semblait si loin il n’y a pas si longtemps...

L'opportunité à saisir

649463921fa842c6f2517b0ca9ead277.jpgCe jeune affamé de jeu, de ballon, de réussite, c’est Bakary Sagna. Exemple encore typique de la qualité des centres de formations français, incapable de garder les meilleures recrues, auxquelles les grands championnats européens font tourner la tête très rapidement. D’Auxerre à Arsenal, Bakary a pris une ampleur considérable. Pendant que son homologue Sagnol se morfond sur les bancs, Sagna lui, engrange les matches et les minutes de jeu (29 matches joués, tous en tant que titulaires). Il marque même son premier but contre Chelsea. Une saison plus que réussie, consacrée par sa nomination au sein de l’équipe type de la Premier League. Une distinction qu’il avait déjà eue en Ligue 1 avec Auxerre, la saison dernière. Jusqu’il y a peu, il semblait indiscutable pour ce joueur d’origine sénégalaise, d’espérer prendre la place, en tant que doublure, de François Clerc. Mais après sa saison plus que convaincante, et celle, plus mitigée du Lyonnais, ajoutées à un sélectionneur adepte de l’effet de surprise, l’on peut s’attendre à un retournement de situation qui laisse au Gunner toutes ses chances.

Alors, qui représentera le flanc droit du coq tricolore ? Le lion expérimenté ou le jeune loup? Un choix difficile pour Raymond Domenech qui devra trancher. Pour l’heure, et pour la majorité professionnelle, l’avantage est à Sagnol, d’autant plus que l’exemple de Chimbonda est encore dans toutes les mémoires. Mais la fragilité du Bavarois, risque d’être un facteur décisif à quelques semaines d’une compétition au rythme intensif.

23.04.2008

Kaiser Franck, le gourmand

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Hier chouchouté, aujourd'hui adulé, Franck Ribéry se dirige vers la consécration avec un grand chelem historique


Le gamin de Boulogne-sur-mer surfe aujourd'hui sur les vagues de popularité et nage dans un bonheur presque total, bavarois du moins. Avide de conquêtes, Franck Ribéry mord dans le foot à pleines dents. Et cela se ressent. L'envie de vivre et de jouer plus forte que tout le reste, plus forte que les accidents et ce qu'il en résulte, en témoigne cette cicatrice qui parcourt son visage et lui a fait octroyer le surnom de Scarface. Parce que Franck est bel et bien un rebelle, un gangster doté d'un charisme incontestable qui facilite les adaptations du phénomène.

Ribéry le grand

P'tit Franck n'a pas gagné en taille, mais en mâturité, et en respect. Metz, Galatasaray et Marseille ne diront pas le contraire. Difficile de ne pas succomber au charme de Bilal, son nom musulman. Par sa vivacité et sa technique sur le terrain, mais également sa joie de vivre en dehors des terrains, l'international français séduit tout ceux qui le côtoient. Et les derniers en date sont le club allemand, le prestigieux Bayern qui ne pensait pas faire une si belle affaire en le recrutant pour 26 M d'euros, excepté Franz Beckenbauer, légende du football allemand, qui a flairé le bon coup et déclare à son propos: « Quand nous l'avons engagé, c'est comme si nous avions gagné au Loto ». Ses débuts exceptionnels au Bayern de Munich lui attirent les faveurs du public et de la presse allemande. Même Oliver Khann, grand patron du collectif munichois, pourtant réticent à l'arrivée du Français, est gagné quelques semaines plus tard par la fièvre Ribéry. P'tit Franck est devenu grand.

La victoire du charisme

Son entente avec les deux autres recrues du Bayern, Luca Toni et Miroslav Klose, fait ravage en Bundesliga, et permet à son équipe de gagner la Coupe de la Ligue 2007. Blessé pendant une période,son retour coïncide avec le regain de forme du club bavarois qui enchaîne les victoires pour accéder à la tête du championnat. Ribéry réalise des gestes d'exception comme lors d'un match contre le Werder de Brême où il garde le ballon sur son pied en l'air pendant que deux défenseurs viennent le presser, mais aussi une panenka en Coupe d'Allemagne qui permet de qualifier son équipe. Indispensable par sa technique, Franck l'est aussi par sa simplicité et son inaltérable bonne humeur. Zinedine Zidane lui-même l'avait dit, peu avant de partir à la retraite:

« Franck respire la joie de vivre. Il ne calcule pas, même dans sa relation avec les anciens. Il est très fort. C'est quelqu'un qui marquera les esprits à chaque fois qu'il sera sur les terrains. Il deviendra quelqu'un d'important dans le foot. »
(Télé Magazine, n°2646)

Un avenir radieux

Sa popularité a encore grimpé samedi dernier, lors de la finale de la coupe d'Allemagne remportée face au Borussia Dortmund (2-1 a.p). Impliqué dans un des deux buts de Luca Toni, l'ancien Marseillais s'est distingué en chipant la Coupe sur le podium pour piquer un sprint vers les supporters du Bayern et communier avec eux. Une facétie qui a fait chavirer, le stade et ses supporters sous le charme d'un Ribéry, heureux de rendre au Bayern le plaisir qu'il prend sur le terrain. "C'était ma façon de mettre de l'ambiance à un moment où je ressentais beaucoup de plaisir et de bonheur", déclarait-il à l'Equipe. Un bonheur qui ne ferait qu'augmenter en cas de quadruplé historique. Déjà vainqueurs de la Coupe de la Ligue et de la Coupe d'Allemagne, les Munichois se rapprochent à grands pas de leur 21ème sacre en Bundesliga, ainsi que d'une finale en coupe de l'Uefa. Nul doute que Franck veut tout et très vite. Et réaliser un quadruplé ne lui suffira certainement pas. Pourquoi pas un quintuplé alors, avec un certain Euro qui se profile à l'horizon. Un horizon qui, en ce qui le concerne, s'annonce bien bleu...

19.04.2008

Dimitri Payet futur ex espoir?

« Tiens, et si je convoquais Dimitri Payet en Equipe de France ? » Voilà le genre de réflexions que pourrait être amené à se faire très prochainement Raymond Domenech, provocateur devant l’éternel. Lorsque l’on voit un joueur comme Adil Rami surgir de nulle part, on se demande encore pourquoi Dimitri Payet, jeune espoir du foot français, n’a pas encore eu sa chance chez les grands. 1m74 pour 70 kg, pour atteindre les sommets, on a connu plus impressionnant, c’est sûr.

C’est une véritable énigme que représente aujourd’hui à lui seul, Dimitri Payet, né le 29 mars 1987. Originaire de l’île de La Réunion, ses premiers essais au Havre ne sont pas concluants. En même temps, quand on sait que même Samuel Eto'o n’a pas été conservé par le doyen du football français, on peut s’attendre à réussir un jour où l’autre. Toujours est-il que le jeune attaquant, après un bref retour au pays, pose ses valises à Nantes. Découvert dans l’émission quotidienne sur Arte, L’Académie du foot, il débute le 17 décembre 2005, face à Bordeaux, et devient rapidement une pièce maîtresse des canaris, sans toutefois exceller individuellement (5 buts en 33 matches). Lorsque Nantes descend en Ligue 2, Payet signe chez les Verts. Cette saison ne joue en aucun cas en sa faveur (0 buts en 24 matches). A la limite de la transparence, Dimitri est bien loin de briller avec son club. Mais qu’est-ce qui cloche ?

Le joueur de l’AS Saint-Etienne, qui vient de fêter ses 21 ans, ferait-il partie de ces joueurs qui font parler d’eux, et retombent dans l’oubli avant même d’avoir démontré quoi que ce soit ? Souvenez-vous, Camel Meriem était promis à un grand avenir, (remplacer Zidane, rien que çà). Aujourd’hui, il siège bel et bien dans les profondeurs du classement avec l’AS Monaco. Cela dit, il règne quand même en Principauté. Bref, serait-il un nouveau Jérémy Aliardière, Le Tallec, Vahirua, précurseurs de cette vague de joueurs à forte aura médiatique, et qui finalement ne représentent qu’une minuscule souris dont aurait accouché la montagne mass-media ?

Il faut croire que oui. Grand espoir du foot français, le Réunionnais n’est déjà plus que l’ombre de lui-même et des autres, dont Gomis. En revanche, ses statistiques personnelles remontent quand il s’agit de l’équipe de France espoirs, où il affiche au compteur déjà 2 buts pour 5 sélections. Alors, le petit plus qui fera la différence ? A l’heure où la jeunesse est incontestablement la priorité de Domenech, Dimitri Payet peut se prendre à rêver un petit tour dans le « Grand Bleu », rejoindre les Benzema et Nasri qui y sont comme des petits poissons. L’héritier de Laurent Robert a encore quelques années pour prouver qu’il est à juste titre un digne espoir du football français… ou à contrario, un prototype raté de plus.